Torah et sagesse humaine — l'échec de l'humanisme
La bonne volonté morale universelle échoue sans une loi révélée distinguant le bien du mal. C'est l'homme en échec qui a besoin de la Torah — une sagesse révélée, non inventée par lui-même. La différence entre Torah et Hokhmah n'est pas de degré mais de nature : le Shmoné Esré demande d'abord Da'at (connaissance humaine) puis 'ramène-nous à Ta Torah'. La Torah n'est pas une sagesse juive supérieure, c'est la sagesse révélée aux sages d'Israël.
frAnthropologie juive : l'âme, le corps et le Golem
Manitou introduit l'anthropologie comme science de l'identité humaine et pose la question du rapport entre l'âme et le corps. Il explique le concept de Golem – un être à l'état brut, privé de ce qui fait l'humanité – et distingue entre un corps vivant fonctionnant biologiquement et une personne animée par une âme. Le cours pose les bases d'une série sur le message de la Torah concernant l'identité de l'homme.
frHidoush et Shinoui : se renouveler sans changer d'identité
Manitou distingue entre Hidoush (renouvellement en restant soi-même) et Shinoui (changement qui rend autre), et montre que les deux extrêmes – fixité et changement – mènent à quitter l'histoire. Il analyse le Midrash sur le signe de la lèpre donné à Moïse : Dieu le punit pour avoir douté de la foi des Hébreux, enseignant qu'il y avait une erreur de foi, non un manque de foi.
frFidélité au projet, liberté et prédestination en Égypte
Manitou distingue entre fidélité à une étape du projet et fidélité au projet ultime — des étapes valables en leur temps deviennent caduques. Il aborde ensuite la question de Maïmonide : si Dieu a annoncé à Abraham l'esclavage en Égypte, pourquoi punir les Égyptiens ? La réponse est que Dieu décrit des mécanismes sociaux inévitables (xénophobie envers une minorité), mais les acteurs restent libres de leurs choix individuels.
frLa résurrection des morts — expérience quotidienne de foi
Manitou enseigne que la résurrection n'est pas une croyance magique mais une expérience quotidienne : chaque geste de vie témoigne que Dieu ressuscite les morts. La différence entre mekhaye metim (fait vivre les mortels) et mekhaye hametim (ressuscite les morts) est minime. L'humanité se divise entre conscience tragique (grecque) et conscience messianique (juive). Cette foi passe par l'expérience d'un peuple, non par des idées philosophiques.
frL'offrande et son intention — de l'or du Tabernacle au Veau d'or
L'intention de celui qui offre détermine le destin de l'offrande : l'or apporté pour le Tabernacle est devenu le Veau d'or faute d'intention correcte. De même, les offrandes aux hassidim suivent le niveau spirituel de la génération — Torah, palais ou voitures de luxe. Le sentiment religieux naturel, brut, peut aboutir à une cathédrale comme à un temple tibétain — il faut 'cachériser' l'offrande humaine pour qu'elle serve la sainteté.