Le fondement de l'obligation morale dans le Talmud
Manitou introduit une étude talmudique sur le fondement de l'obligation morale et la définition du bien. Il distingue entre les doctrines philosophiques qui assignent différents critères à la moralité (bonheur, utilité sociale, impératifs de la raison) et la perspective traditionnelle qui assigne à la conduite morale une finalité ontologique - justifier son propre être plutôt qu'accumuler des vertus. Le texte étudié est une Guemara qui met en évidence les forces dont la conscience morale se sert pour réaliser les valeurs.
frLe Livre de Job selon Maïmonide : les théories de la Providence
Manitou analyse le Livre de Job à travers la lecture de Maïmonide. Il présente les trois postulats communs aux discours de Job et ses amis – l'omniscience divine, Dieu comme cause de la souffrance, et la justice de Dieu – puis montre que Maïmonide conteste le deuxième. La position de Job dans sa souffrance est que le juste et l'impie sont égaux devant Dieu, niant toute providence individuelle.
frMaïmonide : le problème moral et la souffrance de Job
Conférence de Manitou au Centre Yaïr de Jérusalem dans le cadre de l'année Maïmonide. Il traite du problème moral dans les Shmoneh Perakim face au fatalisme païen et au fétichisme dans le monde musulman, puis introduit l'étude de la souffrance de Job dans le Guide des Égarés – le problème de la souffrance du juste comme question philosophique centrale.
frLes quatre niveaux de la volonté - Recevoir et donner
Manitou enseigne un schéma des stades de développement moral selon la Kabbale : recevoir pour recevoir, recevoir pour donner, donner pour recevoir, et donner pour donner. Il applique ce modèle aux âges de la vie individuelle et à l'histoire des civilisations. L'enfance correspond au stade de recevoir, et il ne faut pas brimer cette capacité chez l'enfant car elle prépare le réceptacle pour recevoir la Torah plus tard.
frHayav et Zakai - Responsabilité, culpabilité et tikoun
Manitou distingue entre responsabilité et culpabilité dans la conscience juive. En hébreu, Hayav signifie à la fois obligé et coupable, mais la Michna utilise Hav pour souligner l'obligation sans faute. De même, Zakai signifie innocent et méritant. La confusion entre ces sens est la source de névroses juives. Le tikoun fondamental n'est pas de réparer une faute originelle mais de réparer la condition même de créature qui reçoit l'être sans l'avoir encore mérité.
frConscience hébraïque et conscience grecque - Être et devenir
Manitou oppose la conscience hébraïque à la conscience grecque. L'hébreu reconnaît que son existence est une création donnée et que la valeur morale le fait exister, tandis que le grec se pose comme existant a priori et reçoit des jouissances. La morale juive est éthique (je mérite d'exister par la réalisation des valeurs) alors que la religion grecque est esthétique. L'homme ne peut pas dire je suis mais seulement je deviens - seul Dieu peut dire Je suis.
frBonne foi, repentir et les deux Tables de la Loi
Manitou enseigne que la morale juive n'est praticable que dans la bonne foi. Celui qui dit 'je pécherai et me repentirai' perd la clause de repentir. La différence entre les premières et les secondes Tables est fondamentale : les premières sont une carte d'identité absolue (tu es Israël ou non), les secondes présentent un idéal avec possibilité de retour. De même, le Gan Eden et le Olam Haba sont le même monde, mais l'un est avant le mérite et l'autre après.
frÉvolution, création et la transfiguration du corps
Manitou distingue le schéma de l'évolution selon la Torah de celui de la science : ce n'est pas le singe devenu homme mais des tentatives successives dont l'homme est celle qui n'est pas restée au niveau animal. Il aborde la perspective messianique de la résurrection comme transfiguration du corps terrestre en corps glorieux. Le principe talmudique est que les mitsvot se pratiquent en acte et non seulement en intention, bien que Dieu ajoute le mérite de l'intention au mérite de l'acte.
frLes preuves de l'existence de Dieu - Théologie et révélation
Manitou analyse le problème des preuves philosophiques de l'existence de Dieu. Dans le cycle hébraïque, la question ne se posait pas car la révélation était expérimentale. La théologie juive n'apparaît que tardivement (Saadia Gaon), contrairement au christianisme fondé dès l'origine sur la théologie. Tous les raisonnements philosophiques renvoient finalement à la notion de création. Le cours aborde l'opposition entre l'expérience de foi juive et chrétienne.
frOi li miYotsri, Oi li miYitsri - Le dilemme existentiel de la creature
Manitou explique l'enseignement de Rabbi Shimon ben Pasi sur les deux yuds de Vayitser : malheur a moi du cote de mon Createur, malheur a moi du cote de mon penchant. Si j'obeis a ma nature, mon Createur me punit; si j'obeis a mon Createur, ma nature se venge. Ce dilemme existentiel designe aussi la condition du couple creature-Createur. La Guemara enseigne que le Messie viendra quand ce deuil deviendra insupportable.
frLe livre de Job et Moise - La question de la justice divine
Manitou explique pourquoi la Guemara attribue la redaction du livre de Job a Moise. La question de Job (pourquoi le juste souffre) ne se pose qu'apres la revelation de la Torah qui etablit un ordre moral. Le cours aborde aussi l'opinion talmudique selon laquelle la Torah compte sept livres et non cinq, avec des versets ou Moise intervient de son propre genie, notamment lorsqu'il se substitue a Yitro comme guide dans le desert.