La foi d'Israël et la croyance des nations
Manitou distingue la foi juive (emounah) de la croyance des nations. Pour un juif, croire est une certitude intérieure, tandis que pour un non-juif c'est un processus difficile qui s'apparente à une révolution spirituelle. Il illustre avec l'exemple de Yitro et du Kouzari, montrant que la prophétie est liée à la capacité de prouver et non simplement de croire.
frLes rivalités contre Israël à travers l'histoire biblique
Manitou analyse le principe selon lequel chaque étape de formation de l'identité d'Israël s'accompagne de rivalités. Il montre que ce schéma commence dès Adam et se poursuit jusqu'à aujourd'hui. Il souligne le rôle central des mères d'Israël dont le discernement prophétique dépasse celui des pères pour désigner le porteur de l'alliance.
frTimna, Amalek et l'identité d'Israël
Analyse talmudique de l'histoire de Timna, rejetée par les Patriarches, qui épousa Esaü et donna naissance à Amalek. Discussion sur la règle mitokh shelo lishma ba lishma et pourquoi les Avot avaient raison de la refuser tant que l'identité d'Israël n'était pas constituée. Comparaison avec Ruth.
frPourquoi la Torah fut donnée à une nation et non à Abraham
Analyse du Maharal sur la raison pour laquelle la Torah ne fut pas donnée à Abraham mais à la nation d'Israël via Moïse. La Torah, étant absolue, ne peut être donnée qu'à une entité collective existant à un niveau absolu. Distinction entre les mitsvot individuelles des Patriarches et la Torah nationale. Contexte géopolitique sur la terre d'Israël.
frLe concept de Kedusha - Séparation physique et halakhique
Analyse linguistique et halakhique du concept de Kedusha (sainteté) comme séparation physique assurée par des règles halakhiques. Les quatre domaines de sainteté : HaShem, HaAdam, HaMakom, HaZman. Critique de l'obscurcissement kabbalistique populaire. La Kedusha exige une intervention active de l'homme.
frLa catharsis dans le judaïsme et la conscience morale
Le rythme de déculpabilisation dans le judaïsme : prière quotidienne, Shabbat, Kippour. Importance du Kriyat Shema avant le coucher. Le professeur Baruk et sa découverte que les troubles mentaux procèdent d'un viol de la conscience morale. La thérapeutique juive comme alternative à la psychiatrie.
frPanim el panim : le visage comme révélation de l'intériorité
Le cours explore la signification du mot hébreu panim (visage) à travers l'analyse du verset où Dieu parle à Moïse face à face. Manitou distingue entre voir et entendre dans la prophétie, et montre que panim désigne non pas la physionomie mais l'expression extérieure de la vie intérieure (pnim). Il souligne également la différence fondamentale entre religion et morale dans le judaïsme.
frLa foi d'Abraham et le danger de la vertu exagérée
Le cours analyse la nature de la foi (hémina) chez Abraham, qui n'est pas une croyance théologique en l'existence de Dieu mais une adhésion de confiance à une promesse reçue en révélation. Manitou explore la difficulté d'Abraham à adhérer aux promesses divines, le rôle catalyseur de l'alliance de la circoncision, et introduit la notion de vertu exagérée selon le Maharal de Prague.
frLe Sanhédrin, la Lashon HaKodesh et la vocation universelle d'Israël
Manitou analyse la structure du Sanhédrin comme modèle du rapport entre Israël et les nations : le Nassi représente l'identité israélienne en Lashon HaKodesh, les Hakhamim représentent l'universel en soixante-dix langues. Il évoque la révélation simultanée au Sinaï et retourne l'accusation des Protocoles des Sages de Sion en montrant la conspiration bénéfique d'Israël pour l'unité des valeurs.
frPeuple, Torah, Terre : l'unité des trois dimensions d'Israël
Manitou dénonce la fragmentation institutionnelle du judaïsme entre ceux qui ne s'occupent que du peuple, que de la Torah ou que de la Terre. Il montre à travers Rachi sur la paracha Vayichlakh que Jacob, revenant d'exil, doit s'identifier comme homme de la Terre au nom de la Torah pour recevoir le nom d'Israël — préfigurant l'unification nécessaire de ces trois dimensions.
frMérite, grâce et accélération de la délivrance
Manitou explore le concept de mérite (zakha) dans la tradition juive à travers la Guemara du Sanhédrin sur le verset d'Isaïe : si Israël mérite, la délivrance sera accélérée ; sinon, elle viendra en son temps. Il distingue le mérite d'être du mérite d'acte, et évoque le paradoxe biblique où Dieu punit Israël par Babel puis punit Babel pour l'avoir fait.
frLa Torah en 70 langues et la question de la réforme
Manitou répond à la question du judaïsme réformé à travers le verset de Devarim 1:5 où Moïse explique la Torah en 70 langues. Il montre que seul celui qui connaît la Torah en Lashon HaKodesh peut l'expliquer dans d'autres langues, mais l'inverse est impossible. Il suggère que les communautés réformées auraient besoin d'un rabbin orthodoxe, et les orthodoxes d'un rabbin libéral.
frJuda et Lévi, identité juive et la terre
Discussion sur l'identité juive contemporaine : le cas d'un juif chrétien citoyen israélien, le rôle du grand rabbin Sirat comme chef politique, et la question de la spécificité de la terre d'Israël dans la Bible. Manitou aborde le mystère de la géographie biblique et la relation entre peuple, Torah et terre.
frLa Tefila, les Avot et la destruction du Temple
Le cours explore le lien entre la prière (Tefila) et les patriarches (Avot), distinct du canal de Matan Torah. Manitou explique que la destruction du Temple vient de ce qu'on a étudié la Torah sans Birkat HaTorah — c'est-à-dire en déconnectant l'étude de sa racine dans la Tefila et les Avot. Il critique ceux qui séparent la Torah de la terre d'Israël.
frLa force d'inversion du contraire et la grammaire hébraïque
Manitou explore la capacité d'Israël à inverser le contraire — transformer le passé en futur (Tshouva) — comme clé de sa permanence historique. Il illustre cette idée par la grammaire hébraïque qui n'a pas de présent : seul Dieu peut dire Je suis. Il aborde aussi la halakha sur la conversion d'Amon et Moab et le mélange des nations depuis Sennachérib.
frLes Houkim et la Torah comme arbre de vie
Manitou analyse le Midrash sur les Houkim (décrets divins) qui mènent l'homme à la vie du monde futur. Il explique pourquoi la Torah ne mentionne pas explicitement le monde futur : elle s'adresse à ceux qui y vont d'eux-mêmes. Il conclut avec le verset Etz Haim hi lamahzikim ba — la Torah est un arbre de vie pour ceux qui s'y accrochent.
frL'unité d'Israël et la langue hébraïque
La vocation d'Israël est l'unité, même si la société juive est la plus divisée. Manitou explique que l'hébreu est le seul élément commun à tous les Juifs et constitue le facteur unificateur de toutes les langues juives. Sans l'hébreu, le judéo-arabe reste de l'arabe et le judéo-espagnol reste de l'espagnol.
frLa teshouva et la transformation des fautes en mérites
Réflexion sur la balance entre les mitsvot et les avérot dans la vie d'un homme. Manitou explique comment un acte infime peut basculer toute une existence du côté du bien, et comment la miséricorde divine transforme les fautes en mérites par le mérite de la teshouva. L'homme n'est pas maître des conséquences de ses actes, mais Dieu peut faire fleurir le bien même à partir du mal.
frSainteté, pureté et unité des valeurs
La sainteté n'apparaît que lorsqu'il y a unité de toutes les valeurs. Manitou explique pourquoi la Torah est donnée à Israël, peuple de l'unité, et pourquoi celui qui est candidat à la sainteté est précisément le plus vulnérable à l'impureté. Contrairement à l'idée que tout est pur pour les purs, la Torah enseigne que plus on avance dans la sainteté, plus la question de la pureté devient concrète.
frLa parole, le langage et la définition de l'homme
Distinction fondamentale entre le langage de communication (signaux) et la parole au sens propre, où un « quelqu'un » s'exprime. Manitou montre que la machine peut penser mais ne peut parler, et que la création du monde par la parole divine fonde la moralité sur un Dieu personnel. Il évoque le cas du Nahash biblique et la question de savoir si les animaux accèdent véritablement à la parole.
frNoachisme, Benamozegh et la vocation d'Aimé Pallière
Réflexion sur le noachisme comme vocation légitime pour les non-juifs, à partir de l'enseignement de Benamozegh et de l'expérience d'Aimé Pallière. Manitou pose la question de savoir si un chrétien peut être noachide, et à quelles conditions. Il évoque le malentendu entre Benamozegh et ses lecteurs, et la nécessité de réhabiliter sa pensée après le nazisme et la création de l'État d'Israël.
frIsmaël, Ésaü, Jacob — le dialogue et l'éducation des enfants
Progression dans les relations entre les lignées d'Abraham : Ishmaël et Israël ne se parlent pas, Ésaü et Jacob se disputent mais ne se tuent pas, Jacob et Rachel s'aiment véritablement. Manitou en tire une leçon sur l'éducation : l'essentiel est que les parents s'aiment, et il y a quatre sortes d'enfants comme quatre sortes de parents et de professeurs.
frLe Shema Israël et la permission de consommer la viande après Noach
Conférence du rabbin Abraham Weingart sur le Shema Israël. Il part du commentaire de Nahmanide sur la sortie de Noé de l'Arche, moment où Dieu autorise la consommation de viande animale. Avant Noé, l'humanité était végétarienne. La viande prend désormais la place qu'occupait l'herbe pour Adam.
frLes temps messianiques et la promesse d'Israël
Manitou aborde la question des dates messianiques selon les cabalistes, en distinguant entre la rédemption méritée (akhishena) et celle en son temps (be-ita). Il évoque l'enseignement de Rabbi Nahmani sur l'époque actuelle et relie le processus de la géoula à la Haggada de Pessah, à travers la formule Baroukh Shomer Havtakhato.
frLes trois types de guerres en Israël
Manitou distingue trois catégories de guerres dans la tradition juive, dont la Milhémet Kiboush (guerre de reconquête) au temps de Josué. Il réfute la thèse selon laquelle les Hébreux seraient des conquérants étrangers en Eretz-Israël, et critique un article du directeur de l'École biblique de Jérusalem niant le droit juif sur cette terre. Il rappelle que le nom Palestine fut imposé par Rome pour effacer l'identité judéenne.
frDe la révolte religieuse à la révolte nationale — Hanoukka et la Meguilah
Conférence sur le passage de la révolte religieuse à la révolte nationale. Manitou explique pourquoi le nom de Dieu n'apparaît pas dans la Meguilat Esther : risque de traduction en nom d'idole, et occultation divine à la fin de la prophétie. Il souligne que le mot « Dieu » en français désigne à l'origine une idole et ne doit pas être sacralisé.
frLes quatre niveaux du récit chrétien — Jésus, Christ et la secte
Quatre niveaux distincts dans le récit chrétien : l'homme historique juif autour duquel la secte s'est formée, la croyance gnostique dans un Christ sauveur, la fusion des deux en Jésus-Christ, et le modèle de Jean-Baptiste. Manitou montre que pour la tradition rabbinique, le personnage historique n'a aucune importance particulière — n'importe quel juif crucifié par les Romains aurait pu servir de figure.
frLe Yachar, le Tzadik et le Yachar Lev
Manitou distingue trois niveaux de droiture morale : le Yachar (homme de bonne volonté qui préfère le bien), le Tzadik (qui se mesure à un code absolu de vérité) et le Yachar Lev (droit de cœur, plus profond que les deux). Il relie ces catégories aux lois de la guerre dans le Deutéronome, montrant que seul celui qui fait le droit aux yeux de Dieu est habilité à combattre.
frÉducation juive : de l'enfance à la majorité
Manitou présente les fondements de l'éducation juive en quatre points : la nécessité de l'éducation liée à la condition d'enfant, le devoir parental d'éduquer (d'après Kiddoushin), la coïncidence traditionnelle entre puberté et majorité, et l'accès à la responsabilité personnelle. Il renvoie à l'introduction de Maïmonide au traité de morale comme référence centrale.
frSionisme, Révolution française et État de droit
Manitou analyse l'impact de la Révolution française sur la conscience juive et la naissance du sionisme. Il distingue entre légalité (droit romain) et moralité (idéaux révolutionnaires), montrant que les penseurs français ont pensé le droit en termes de valeurs morales. Il critique la tendance au légalisme dans la société israélienne qui peut devenir immoral au nom de la légalité.
frAbraham, Isaac, Jacob : du don gratuit au mérite
Manitou développe les trois étapes de la relation au Créateur à travers les Patriarches. Abraham enseigne que l'être est reçu en cadeau (Hessed), Isaac révèle qu'il faut mériter ce don pour le posséder véritablement (Din). Il compare les hassidim authentiques qui ne voient que le bien dans le monde, et distingue la grâce chrétienne de l'exigence juive d'être véritablement par le mérite.
frLa Kédoucha : sainteté, convivialité et rectitude
Manitou analyse la triple répétition de Kadosh dans Isaïe 6 à travers le Midrash et Malbim. Les Seraphim sanctifient Dieu en s'écoutant mutuellement — leçon de convivialité pour les porteurs de Kédoucha. Il montre que la sainteté divine est liée à l'unité et incompatible avec la discorde, et que Tzedek et Tzedaka en sont des dimensions constitutionnelles.
frRésurrection individuelle et certitude d'Israël
Manitou utilise la parabole talmudique du coq et de la chauve-souris pour illustrer la certitude d'Israël face au monde à venir. Il distingue entre la résurrection collective, fait anthropologique, et la résurrection individuelle qui exige un effort de foi. Dans le débat entre humanisme sartrien et structuralisme, la position juive traditionnelle se range du côté de l'irréductibilité de la personne.
frShem, Éver et les trois dimensions de la Torah
Trois dimensions structurent les principes de la Torah : Shem inaugure le tikkoun des rapports avec Dieu, Éver celui des rapports avec autrui, et Abraham celui de la sainteté (ben adam le-atsmo). Manitou relie ces dimensions aux trois patriarches et aux trois premières bénédictions de la Amidah. Un midrash imaginé illustre l'idée d'un rendez-vous donné au premier homme : ceux qui arrivent au Sinaï sont appelés Israël.
frL'humilité de Moïse comme condition de la Torah
Manitou explique pourquoi c'est Moïse qui a reçu la Torah : son humilité rendait possible l'impossible — la communication entre l'Absolu et la créature. Il montre que cette idée est invraisemblable pour la pensée philosophique, de la Grèce antique à Spinoza, pour qui la providence et le miracle sont blasphématoires. La sensibilité biblique constitue un renouvellement radical des données de la pensée.
frL'homme comme Hayam Daber — la parole contre le structuralisme
La tradition juive définit l'homme comme vivant parlant (Hayam Daber) plutôt que vivant pensant. Manitou met en garde contre le structuralisme qui tente d'évacuer la personne de la parole. L'image de Dieu en l'homme réside dans sa capacité de parole créatrice, et l'homme est la seule créature qui récapitule tous les niveaux d'être.
frLe principe féminin et le mariage — Ish, Baal et Kidoushin
Le principe féminin dispose de l'individualité (principe d'individuation) tandis que le masculin porte l'essence de la nature humaine. Dans le mariage, un transfert transforme les deux. Manitou distingue entre Baal (mari non abouti) et Ish (l'époux véritable qui sanctifie). Si le mari reste Baal, le divorce ou la mort menacent.
frKina, Rahamim et le mystère de l'élection d'Israël
La racine Kana (acquérir) est liée à Kina (jalousie) — la relation de propriété est exclusive. Manitou montre que motiver l'élection par Rahamim (passion) introduit un dualisme qui brise l'universalité. Le mystère fondamental est qu'Israël est le Ken du Kadosh Baroukh Hou, et toute explication reste a posteriori.
frL'objectif de la sortie d'Égypte — Sinaï ou Eretz Israël ?
Deux perspectives sur l'objectif de la sortie d'Égypte : arriver au Sinaï pour recevoir la Torah (perspective religieuse), ou construire Eretz Israël directement (perspective nationale). Manitou étudie cette question à travers Berakhot, Sanhedrin et le Yalkout Shimouni, en lien avec la perplexité du judaïsme contemporain face au sionisme.
frLa Kedousha — prendre et donner, l'épice du Shabbat
Tous les êtres de la création ne font que prendre — même les anges. Seul l'homme est capable de donner. La Kedousha est la capacité de secondariser ses pulsions sans les renier. Manitou illustre par la faim et la sexualité : le juif ne renie pas le plaisir mais le vit dans la Kedousha, comme l'épice du Shabbat qui transforme l'aliment.
frLe Shema du matin et du soir — les douleurs de l'accouchement messianique
Le Shema du matin est un constat de délivrance (je suis sorti de la nuit), celui du soir est un acte de foi (j'entre dans la nuit). Manitou relie cela aux Hevlei Mashiah — les douleurs de l'accouchement d'Israël. La fin de la nuit est le moment le plus froid et le plus noir, juste avant la lumière. L'être père est promesse, l'être fils est accomplissement.
frMessianité de Joseph et messianité de Judas — diaspora et Israël
Deux messianités : Joseph se déguise en égyptien pour transfigurer l'autre de l'intérieur, Judas décroche de l'exil et fonde la maison d'Israël en hébreu. Benjamin détermine où passe l'histoire. Aujourd'hui les sionistes sont un Joseph revenu chez Judas, et les mouvements de jeunesse (Benjamin) sont du côté d'Israël même en diaspora.
frLa Akedat Yitzhak dans la littérature israélienne — sacrifice et sens de l'histoire
Discussion littéraire sur la Akedat Yitzhak et sa réécriture dans la littérature israélienne. Le sacrifice n'a de sens que si la mort ne peut être dotée d'une signification. Un écrivain israélien exprime son rejet personnel du sacrifice tout en acceptant son importance dans la vie juive. Le mythe de la Akeda nécessite un séminaire approfondi.
frLe Kouzari et Rav Kook — le divin lié au peuple, à la terre et aux actes
La philosophie n'est liée ni à un peuple ni à une terre, mais l'expérience religieuse juive est liée aux trois. Manitou montre que Rav Kook, disciple du Kouzari, a repensé le sionisme dans ces catégories. Les pionniers venus de Russie voulaient un peuple nouveau sans religion, mais la loi naturelle de l'identité juive les rattrape.
frLe don de l'être – mériter ce qui nous est donné
Tout nous est donné, mais tout doit être mérité : comment racheter le don de l'être avec nos modestes vertus ? À travers un conte hassidique sur un paysan recevant le roi, Manitou illustre que nous ignorons la valeur réelle de nos actes. Il oppose l'optimisme juif qui voit la vie comme un cadeau splendide à la gêne existentielle de recevoir sans avoir mérité, et distingue cette approche de l'ascétisme chrétien.
frAbraham et Nimrod — deux réactions face au monde détraqué
Face au constat que le monde est détraqué, deux réactions radicales émergent. Nimrod se révolte contre le Créateur et engendre le projet de puissance athée ; Abraham se met au service du projet divin de réparation. Chaque civilisation nimrodique (nazie, soviétique) débouche sur l'antisémitisme. Référence à Nietzsche qui a compris la différence radicale entre judaïsme et christianisme dans cette problématique.
frSéminaire sur le monothéisme — le Shema Israël par le rabbin Weingart
Introduction d'un séminaire sur le monothéisme juif. Après les interventions du grand rabbin Sitruk, d'Armand Abécassis et de Gilles Bernheim, le rabbin Abraham Weingart présente le Shema Israël comme confession de foi centrale. Le séminaire a souligné l'importance du Tsimtsoum — le retrait de Dieu pour que l'homme puisse exister.
frAndré Neher et le Maharal — Babel et Alexandrie
Hommage à André Neher à travers son œuvre Le Puits de l'Exil (1966), qui a révélé le Maharal de Prague au public francophone. Le cours explore la problématique de Babel et Alexandrie — la confrontation entre sagesse hébraïque et culture universelle. Comme à la mort de Moïse où des enseignements furent oubliés, la Torah orale qui accompagnait les écrits de Neher reste à reconstituer par le travail des étudiants.
frMitsvot Tluyot BaAretz – la terre qui produit Israël
Ce sont les mitsvot qui dépendent de la terre, et non l'inverse. Manitou renverse une idée reçue courante et s'appuie sur Juda Halévi (Kouzari) pour montrer qu'Israël est le produit de sa terre comme un vin est le produit de son terroir. La prophétie ne se manifeste qu'en Eretz Israël ou à son sujet — tout ce qui se passe en Égypte est un « black out » prophétique jusqu'à la sortie.
frMessianisme national et universel – de Bar Kokhba à Maïmonide
Quelle est la différence entre un vrai candidat messianique et un imposteur ? Manitou oppose Shabtaï Tsvi, qui n'a rien accompli de messianique et s'est converti à l'islam, à Bar Kokhba, reconnu par Rabbi Akiva comme une possibilité réelle. Il présente ensuite la double conception messianique de Maïmonide : nationale (retour du peuple sur sa terre) et universelle (réussite de l'histoire humaine), l'une passant nécessairement par l'autre.